Quel matériel et comment l’utiliser en photographie de paysage ?

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intermédiaire

Ce n’est pas le sujet qui me tient le plus à coeur mais il est quand même important. Le matériel ne fait pas le photographe… mais il reste un outil et les outils évoluent! J’essaye ici de vous présenter l’outil numérique au travers la technique et surtout de vous montrer concrètement les différents cas et utilisations en photographie de paysage.

La plupart des scènes ne requièrent pas du matériel à la pointe, cependant selon les cas et utilisations il y a deux aspects techniques principaux qui conditionnent le choix d’un boitier : les performances lors d’une montée d’ISO et la plage dynamique du capteur. Je vous présenterai les différents cas pour lesquels ces deux aspects sont importants. Je vais aussi vous expliquer comment contourner le problème (quand cela est possible !) lorsqu’on possède un boitier dit d’entrée de gamme (capteur APS-C). Heureusement dans la majorité des cas, ces derniers sont souvent suffisants pour avoir de bons résultats. Je ne parle pas ici de photographie animalière où d’autres critères rentrent en compte comme la rafale ou la rapidité du focus.

Tout dabord quelques rappels/définitions :

La capacité du boitier à capter la lumière détient un rôle TRES important s’il s’agit par exemple d’une scène nocturne qui demande des conditions particulières comme une forte montée ISO sans générer énormément de bruit parasite. Je ne vais pas détailler ici pourquoi, mais ces boitiers-là sont ceux qui détiennent un capteur dit « plein format » (nom anglais fullframe FF très répandu). Malheureusement le plein format est relativement cher par rapport à un capteur APS-C (plus petit capteur).

Pour commencer il est important de connaitre la notion de plage dynamique d’un capteur. C’est tout simplement la capacité à retransmettre sur une même photo à la fois du détail dans les tons clairs et foncés (cela renvoie à la définition de l’histogramme qui est ici très utile). L’œil humain par exemple détient une plage dynamique beaucoup plus importante qu’un capteur numérique. Notre cerveau a surtout la capacité de pouvoir combiner les différentes luminosités d’une scène pour en faire l’image finale que l’on perçoit. 

Un capteur est malheureusement plus simple dans son fonctionnement. Les technologies numériques ne sont pas aussi performantes que le cerveau humain et dans beaucoup de cas en photographie de paysage, la plage dynamique n’est pas assez large pour englober toutes les variations de luminosité. Les derniers appareils sur le marché dotés d’un capteur FF sont très performants mais ne couvrent pas toutes les situations non plus. Cependant ils sont néanmoins beaucoup plus performants à ce niveau-là qu’un capteur APS-C.

Rq : la qualitée à fort ISO et la grandeur de la plage dynamique sont deux conséquences (et gros avantages) du plein format.

En pratique

Heureusement dans le cas de la photographie de paysage, nous pouvons nous passer du dernier appareil photo FF :

Sur le plan technique et au niveau du rendu final, le principal problème du photographe de paysage réside dans le fait d’avoir à la fois du détail dans les ombres et dans les hautes lumières (comme lors d’un coucher de soleil où sol et ciel ont une luminosité très différente). Sans parler de composition photographique, le but d’un photographe est de se rapprocher au plus près de la vision perçue par l’œil humain

Pour cela les capteurs FF peuvent être grandement utile dans beaucoup de cas, c’est évident. Mais dans la plupart dans des cas et surtout en photographie de paysage, la scène et les éléments qui la composent sont statiques. A partir de là et grâce à l’utilisation d’un trépied pour ne pas bouger d’une prise de vue à l’autre, le photographe peut réaliser plusieurs photos d’expositions différentes afin de couvrir toute la plage dynamique de la scène. C’est la grande force de la photo de paysage

Par la suite, le photographe doit combiner par lui-même ces différentes photos (2 la plupart du temps) afin d’en composer une seule. Les techniques utilisés ne seront pas détaillés ici parce que ce n’est pas l’objet de cet article. Ce sont des techniques pas si complexes qu’il faut savoir manier avec précautions sous peine d’avoir un résultat peu gracieux et non représentatif de la réalité. Avec un peu d’entrainement on arrive à des résultats convenables.

Finalement, pour les amateurs de paysage, le problème de la plage dynamique trop restreinte est un faux problème car dans 99% des cas le photographe pourra contourner le problème en combinant en post traitement ses différentes prises de vue. Pour les photographes qui ne veulent pas s’importuner avec ces méthodes de post traitement et qui veulent malgré tout un rendu similaire, il faudra alors acquérir un boitier FF (les derniers font des miracles !) Cela vous évitera d’avoir soit les blancs cramés soit les noirs bouchés sur votre photo. Bien sûr, tout ce qui a été présenté ici, à savoir l’utilisation du post traitement, vaut pour les cas où la scène photographiée présente une plage dynamique trop large pour votre appareil (face à un coucher de soleil sans nuages par exemple). Pour le reste du temps et pour la plupart des scènes, votre appareil photo sera largement en capacité de capter toutes les variations de luminosité (ce qui je pense représente 90% des cas).

Pourquoi le meilleur ami du photographe de paysage est un trépied ?

Le plus grand ennemi étant le flou de bougé, le photographe doit respecter la fameuse règle du temps de pose qui doit être supérieur à l’inverse de la focale utilisée. Cette règle bloque généralement le photographe qui ne peut alors pas compenser le manque de lumière en rallongeant le temps de pose. De plus, généralement le diaphragme est relativement fermé pour permettre une photo la plus nette possible, surtout si la composition de la photo inclue un premier plan proche du photographe (un champ de fleurs par exemple). Pour contrecarrer ces 2 dernières restrictions de lumière, le photographe doit soit augmenter l’ISO, soit utiliser un trépied pour pouvoir rallonger son temps de pose sans voir sa photo devenir flou (car règle précitée non respectée). Mais la montée en ISO est l’ennemi du photographe de paysage, il dégrade la qualité finale plus ou moins à partir de 800 ISO pour un capteur APS-C. Pourquoi toucher à l’ISO et l’augmenter si avec un simple trépied nous pouvons obtenir un résultat de haute qualité sans apparition de bruit parasite ?!

Faut-il systématiquement un trépied ?

La praticité au détriment de la qualité 

Je conçois que dans certaines situations ou simplement parce qu’on a oublié le trépied, nous ferons la photo avec un ISO important mais ceci ne sera pas sans conséquences et sera surtout fait en connaissance de causes. Vous êtes maintenant prévenu J C’est dans ces moments-là que l’utilisation du FF prend tout son sens : vous pourrez monter l’ISO jusqu’à 100 et plus sans quasiment voir aucune différence. Au-delà c’est moins garantie…à vous de juger.

Dans ces cas-là, si vous n’avez pas de trépied, je vous conseille d’éviter d’intégrer un objet au premier plan. Pourquoi ? Tout simplement parce que cela vous permettra d’ouvrir votre diaphragme sans vous soucier d’avoir une partie de la photo floue. (Je vous renvoie ici à la relation ouverture/zone de netteté). 

Lorsque votre focus est sur l’infini sans premier plan, vous n’avez pas à vous soucier d’une quelconque zone de netteté. D’autre part vous gagnerai en lumière, ce qui est quand même le but principal de la manip. Vous pourrez alors raccourcir le temps de pose et donc éviter ce flou de bougé…

Je vous conseille cependant d’utiliser un trépied dès que la luminosité baisse et que votre vitesse de prise de vue commence à rallonger. Pour les plus pointilleux, le trépied est même utilisé en journée : vous noterez une infime différence de netteté entre les deux cas. Mais là je chipote un peu, surtout si votre vitesse est très rapide (millième de seconde par exemple).

Dans quel cas particulier le trépied est-il obligatoire :

En conditions de faible luminosité ou à la nuit tombée par exemple, le manque de lumière vous oblige à rallonger votre temps de pose (de quelques secondes à 20 voire 30 sec)

Cas de l’astrophotographie

Pour aller même plus loin dans le raisonnement, la lumière des étoiles est tellement faible que cela nécessite de pousser tous les curseurs au maximum. Nous venons de parler de la vitesse mais le diaphragme devra lui aussi être ouvert au maximum pour pouvoir capter un maximum de lumière.

Dans le cas de l’astrophotographie, il arrive que la rotation de la terre conditionne la vitesse d’opturation de votre boitier en fonction de la focale utilisée. Plus vous aurez une focale longue et plus court devra être le temps de pose sinon vos étoiles seront floues (avec un 85mm 8secondes de pose maximum par exemple). Etant contraint par un temps de pose relativement court pour de la photo nocturne (généralement 20,30sec), Il faut donc compenser obligatoirement par un fort ISO (souvent 3200). C’est un des rares cas où le Fullframe est d’une importance capitale en photographie de paysage.

D’autres cas comme l’utilisation de filtres neutres nécessite aussi l’utilisation de trépied. Je n’en parle pas ici car ce n’est pas l’objet de l’article mais c’est le même principe que le reste: toutes les photos qui nécessite un temps de pose long se réalisent à l’aide d’un trépied.

 

Attention cependant à ne pas intégrer de premier plan trop près de votre boitier ou il sera flou. (je vous rappelle que votre diaphragme est complètement ouvert pour capter le maximum de lumière)

Vous pouvez réaliser deux photos avec des zones de mise au point différentes afin de les combiner et de réaliser une image nocturne parfaitement nette. il s’agit du Focus Stacking.

Cette technique requiert de solides connaissances et techniques au moment de la prise de vue mais également en traitement numérique.    

Je vous renvoie au passage vers ma galerie sur l’astrophotographie ici

Pour ceux que qui sont intéressés par le sujet traité dans cet article et qui veulent aller plus loin dans leur pratique de la photographie, je donne des cours sur la théorie, la pratique et le traitement numérique. En groupe ou en cours particulier, je m’adapte à votre niveau.

N’hésitez pas à me donner votre retour sur cet article, et si ces tutos vous intéressent n’oubliez pas de me donner votre mail en cliquant sur le bouton ci-dessous. Je vous tiendrai informé de la sortie des prochains tutoriels!

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